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Drogue et alcool

Un billet sous forme de revue de presse pour parler de tout ce qui fera ce blog. D’abord, la relation entre les soignants et leurs patients. Elles évoluent, notamment grâce au web et de plus en plus de patients refusent de se soumettre à l’autorité absolue du corps médical. Bonne ou mauvaise chose?

Ensuite, les médicaments et la fameuse balance bénéfice-risque, sur laquelle pèsent aussi les lobbys pharmaceutiques et les humeurs médiatico-politiques. Pour revenir aux patient(e)s. Tout ce qui concerne la santé reproductive me fascine. On touche aux croyances les plus intimes, à la vie, à la mort, à la morale et à la politique.

Patients (1) : des clients comme les autres ? Les femmes qui se font prescrire la pilule sont-elles des patientes comme les autres ? J’aime beaucoup cette question. La réponse qu’y donne B., blogueur apprenti-médecin, est originale. Les commentaires à la suite du billet sont également édifiants.

En bref, selon lui, les patientes qui consultent pour se faire prescrire la pilule ne sont pas malades. Elles sont donc plus des clientes que des patientes. S’ensuit une discussion sur la nécessité de faire acte d’autorité devant certains patients ou pas, une digression sur le paternalisme et les femmes, des nuances, des points de vue radicaux. Ce n’est pas très long : allez donc voir…

Clientélisme, autoritarisme, on se croirait en train de décrire le régime politique de l’Ouzbékistan, n’est-ce pas ?

Des petits enfants ouzbeks causent tout sauf clientélisme sous l’oeil attendri de Lola Karimova, fille du potentat local, le président Islam Karimov. (Source: lolakarimova.com)

Fascinant : Amphétamine et hyperactivité, le duel toxique ? Relevé par mon collègue radio-canadien Etienne Leblanc, sur le trouble du déficit d’attention / hyperactivité, maladie controversée, hautement médicalisée en Amérique du Nord. Il y a dans cette enquête du New York Times tous les éléments qui reviennent avec insistance dans les scandales sanitaires récents (je pense au Mediator, à la pilule…).

Comment sortir de cet engrenage familier :

maladie aux contours flous > médicaments aux services rendus douteux, et aux effets secondaires établis > marketing efficace des compagnies pharmaceutiques > médecins (trop) prompts à prescrire.

Et c’est parti. Ça vous fait penser à quelque chose?

Le New York Times raconte donc l’histoire tragique d’un jeune homme ambitieux qui aurait prétendu avoir du mal à se concentrer pour se faire diagnostiquer TADH et se faire prescrire des amphétamines (l’un des traitements les plus prescrits aujourd’hui, en Amérique du Nord du moins). Parce que les amphétamines, c’est connu, ça aide à étudier. Sur les campus, apprend-on, le trafic d’amphétamines est un business juteux.

Richard Fee n’a pas acheté à des dealers. Il a persuadé des médecins de lui en prescrire, à des doses toujours plus élevées pendant un an et demi. En proie à des symptômes psychotiques et à toute une liste d’effets secondaires délétères, il s’est pendu à 24 ans. Ses parents vont se battre pour que ce qui est arrivé à leur fils ne se reproduise pas. Mais l’article se clôt sur l’avis d’un médecin (sponsorisé par un labo pharmaceutique) : les effets secondaires de ce médicament sont minimes, par rapport au service rendu. Au suivant! Read More

En lisant le quotidien britannique The Guardian, je suis tombée sur une initiative tout à fait surprenante : le Global Drug Survey. Il s’agit de recueillir des informations sur l’usage de drogues, légales ou non, sur une base volontaire.
Rien de bien nouveau, me direz-vous.

Ce qui frappe, c’est l’attitude de non-jugement qui se dégage de toute la documentation qui entoure cette enquête. On encourage, simplement, les usagers de tous types de drogues à décrire leur expérience. Une grande partie des résultats est utilisée à des fins d’information destinée à ces usagers. Les chercheurs ont notamment mis en œuvre le Drug Meter. Cette application permet aux usagers de se faire une idée de l’intensité de leur consommation de drogue par rapport à l’utilisation moyenne. Et en profite pour distiller des informations sur les conséquences de l’usage de drogues.

Drugmeter.com : attirer les usagers de drogue pour mieux les informer

Parler aux gens comme à des acteurs de leur propre santé. Quelle bonne idée! En France, où les jeunes sont parmi les plus grands consommateurs de marijuana en Europe, une telle approche serait une révolution. Qu’en pensez-vous?

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