En lisant le quotidien britannique The Guardian, je suis tombée sur une initiative tout à fait surprenante : le Global Drug Survey. Il s’agit de recueillir des informations sur l’usage de drogues, légales ou non, sur une base volontaire.
Rien de bien nouveau, me direz-vous.

Ce qui frappe, c’est l’attitude de non-jugement qui se dégage de toute la documentation qui entoure cette enquête. On encourage, simplement, les usagers de tous types de drogues à décrire leur expérience. Une grande partie des résultats est utilisée à des fins d’information destinée à ces usagers. Les chercheurs ont notamment mis en œuvre le Drug Meter. Cette application permet aux usagers de se faire une idée de l’intensité de leur consommation de drogue par rapport à l’utilisation moyenne. Et en profite pour distiller des informations sur les conséquences de l’usage de drogues.

Drugmeter.com : attirer les usagers de drogue pour mieux les informer

Parler aux gens comme à des acteurs de leur propre santé. Quelle bonne idée! En France, où les jeunes sont parmi les plus grands consommateurs de marijuana en Europe, une telle approche serait une révolution. Qu’en pensez-vous?

Qui l’eut crû, dans les derniers miles de leur campagne avant l’élection présidentielle du 6 novembre, Barack Obama et Mitt Romney se tournent vers les femmes, et plus spécifiquement vers le droit à l’avortement, pour tenter d’arracher les voix cruciales de la victoire.

« It’s the economy stupid », a-t-on coutume de dire lorsque les élections approchent et que les politiques se concentrent sur ce qui est censé intéresser vraiment les gens, soit leur portefeuille. Mais dans un pays profondément profondément divisé par ce qu’on a appelé les guerres culturelles, la santé contraceptive des femmes est un sujet tellement plus… sexy, et les femmes un électorat hautement courtisé.

Alors que de plus en plus de femmes semblent séduites par le discours pro-entreprise de Mitt Romney, Barack Obama a crû bon de leur rappeler la position extrême du candidat républicain sur l’avortement.

« J’annulerai le jugement Roe vs Wade », Mitt Romney – Clip de campagne de Barack Obama

Une position fluctuante, mais généralement très à droite du spectre des valeurs américaines : Romney « adorerait signer une loi qui annule le jugement Roe vs Wade » qui a rendu l’avortement légal en 1973. Une position que seuls 20% des Américains partagent. Alors Obama fonce dans le tas. Le 26 octobre, il assurait que « c’est aux femmes de prendre ces décisions, en consultation leur famille, leur clergé. Ce n’est pas aux politiciens de décider à leur place »…

« Enfin! » s’écrient les militants pro-choix qui voient depuis une dizaine d’année le droit à l’avortement reculer sous les coups de boutoirs d’une droite de plus en plus affidée à son aile ultra-conservatrice.

Voici un petit tour d’horizon des obstacles rencontrés par les femmes qui voudraient interrompre une grossesse non désirée, et par les professionnels de santé qui voudraient les accompagner.

– 5 Etats obligent les femmes à subir une échographie avant tout avortement. Elles doivent écouter le coeur du bébé, doivent regarder le foetus sur l’écran et écouter le médecin leur détailler son anatomie… Souvent pratiquées par voie vaginale, ces échographies sont dénoncées comme un « viol d’Etat » par les associations de défense des droits des femmes. Un seul Etat autorise une femme à se passer d’échographie si sa grossesse est le résultat d’un viol. Généreux.

– De nombreux Etats, et des organisations gouvernementales, restreignent fortement la couverture par les assurances de l’avortement. Les femmes militaires, par exemple, même enceintes suite à un viol, ne sont pas couvertes par leur assurance en cas d’avortement. Le coût médian d’un avortement étant de près de 500 dollars, les femmes paient en moyenne à peine 20 dollars de moins. Autant dire que l’assurance est quasi-absente.

– sur 52 Etats, 26 sont considérés comme « hostiles » à l’avortement, selon l’institut Guttmacher qui promeut la santé sexuelle et reproductive. En gros, on y rend la vie très difficile aux médecins qui voudraient pratiquer des IVGs – les normes de construction des cliniques sont durcies, des partenariats avec un hôpital de proximité exigé – et aux femmes, en rendant les avortements plus chers, en imposant des entretiens avec des « conseillers » anti-avortement. Objectif : faire de l’avortement un parcours du combattant.

– Enfin, le Planning américain, Planned Parenthood est la cible d’attaques extrêmement violentes parce qu’elle ferait la promotion de l’avortement. La dernière en date étant l’interdiction faite au Texas à tout organisme recevant des fonds publics de subventionner une clinique du Planning… Alors que ces cliniques sont parmi les seules à proposer des consultations en santé reproductive aux femmes bénéficiaires des minima sociaux.

Ces initiatives, qui se ressemblent énormément d’un Etat à l’autre sont financées par des lobbies  qui établissent des « packages législatifs » à l’usage de tout politique déterminé à faire reculer les droits des femmes dans son Etat. Charmant.

Qu’avez-vous pensé de ce petit tour d’horizon ? Craigniez-vous pour l’accès à l’avortement en France ? Pensez-vous que les femmes pourraient être interpelées par une campagne sur ce sujet en France ?

Pour en savoir plus, lire sur Mediapart l’excellent article de ma collègue Iris Deroeux, qui explique qu’au fond, ce débat n’est pas d’une grande efficacité en termes stratégiques puisque les femmes pro et les femmes anti-avortement savent déjà pour qui elles vont voter.

Ou, si vous lisez l’anglais : l’excellent site du Guttmacher Institute, ou encore le site de l’American Civil Liberties Union.

Quelles rebelles ces Françaises ! On leur serine depuis au moins dix ans que l’allaitement est le meilleur mode d’alimentation pour leurs enfants et pourtant près de la moitié d’entre elles n’allaitent pas leur bébé d’un mois !

Pourtant l’allaitement est ZE mode d’alimentation des nourrissons et des bébés. Les autorités médicales françaises, les revues spécialisées, les institutions internationales recommandent presque toutes un allaitement au sein exclusif pendant les 6 premiers mois de vie du bébé. Les avantages sont multiples, nous disent de nombreuses études : moins d’allergies, moins d’infections gastro-intestinales, moins d’obésité à l’âge adulte…

Alors pourquoi les femmes françaises, ne s’y mettent-elles pas toutes avec enthousiasme?

Les études que j’ai pu lire sur la question – basées sur des entretiens avec de jeunes mères – disent plusieurs choses…

1. Cachez-moi ce sein : la pudeur. On n’a plus l’habitude de voir des femmes toutes dépoitraillées dans les lieux publiques ou même dans notre salon. C’est donc gênant d’être la femme au sein à l’air.

2. La femme mammifère. L’allaitement peut repousser en ce qu’il renvoie à l’animal (la fameuse mère chimpanzé d’Elisabeth Badinter).

3. Le sexe. Comment rester sexy en allaitant, ou au contraire, comment éviter les regards lubriques quand on doit sortir ses nichons inopinément devant les gens ? Certaines femmes préféreraient éviter de se poser la question…

4. Des difficultés, un manque de soutien ou d’information. Chez d’autres, les difficultés quotidiennes (mastites, engorgement, fatigue), couplées ou non à une absence de soutien médical ou…

5. L’organisation du foyer. La difficulté à gérer les enfants plus grands avec un petit qui réclame souvent, l’envie de partager les tâches avec le papa peuvent venir à bout de la détermination maternelle!

6. Enfin, on peut se dire – au vu de la littérature ou de son expérience personnelle – que les enfants grandissent très bien au biberon et que zut, on a tant de choses à apprendre lorsqu’on devient parent qu’on va s’en épargner une. Ce serait le cas des femmes qui ont souvent côtoyé des bébés dans leur vie et ont constaté qu’ils se portaient très bien quand il y avait absence de lait de maman dans leur vie.

Et vous? On lit beaucoup, de part le web, des témoignages des femmes déterminées à allaiter, ou d’allaitantes au long cours. Il me semble pourtant que la femme qui n’allaite pas est plus absente de la webosphère. La sociologue Séverine Gojard m’a raconté qu’elle avait été frappée des réactions extrêmement agacées de femmes qui n’avaient pas allaité, sur le mode « lâchez-nous avec votre allaitement! ». Surtout de la part de femmes CSP+ dont l’entourage était très favorable à l’allaitement.

Dites-moi, c’est vraiment si dur à assumer de ne pas allaiter? Avez-vous choisi de ne pas allaiter ou bien avez-vous manqué de soutien au moment crucial? Avec le recul, feriez-vous les choses différemment aujourd’hui?

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